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Michael Schmidt

Michael Schmidt

Michael Schmidt, © Auswärtiges Amt

25.04.2018 - Article

1990 – 1994
[...] À la demande du Maire de Montréal pour un cadeau symbolique pour la fondation de la ville il y a 350 ans, celle-ci s’est vue offrir un morceau du Mur de Berlin (avec graffitis). [...]

Parmi les collègues, une affectation à Montréal était toujours beaucoup appréciée : parmi les métropoles de premier rang, cosmopolite, mondaine, active au plan culturel; en contraste aux « capitales-fonctionnaires » comme Canberra ou Ottawa. Après cinq ans à Abidjan, mon avant-dernier poste fut à Montréal pour quatre années, ceci à notre grande joie.

Dans ma période de service (1990-94) devait se situer la réunification de l’Allemagne sur le plan juridique. C’est ainsi que le 3 octobre 1990, cet événement unique m’imposait le programme suivant : auprès de l’Organisation mondiale de l’Aviation civile OACI, remise formelle d’un document de droit international sur notre succession juridique pour l’ancienne RDA après l’accession de celle-ci a la République fédérale d’Allemagne. Réunion solennelle à l’école allemande avec plantation d’un arbre de chaîne, qui je l’espère devrait toujours bien pousser après les 27 années depuis. Réception au Mount Stephen Club pour le gouvernement de Québec, la ville de Montréal, le Corps consulaire et la communauté allemande à l’occasion de la première nouvelle Fête nationale. À notre surprise, le président de l’OACI Assad Kotaite y arriva avec tous les représentants des États membres comme geste de sympathie. L’ambiance fut pleine d’émotion et de joie, la fin de la Guerre froide paraissait entamée.

À la demande du Maire de Montréal pour un cadeau symbolique pour la fondation de la ville il y a 350 ans, celle-ci s’est vue offrir un morceau du Mur de Berlin (avec graffitis). Les frais de transport c.a.f. furent payés par le Sénat de Berlin. La ville de Montréal s’assurait de tous les noms des victimes morts par leur fuite, assurait la conservation de manière professionnelle du morceau du mur et décidait l’endroit de son placement à l’entrée de la Chambre de Commerce. Enfin, l’auteur allemand Fritz Grasshoff, habitant près de Montréal, contribua par une inscription qui explique l’importance de la chute du Mur comme lien entre hommes commis à la liberté. À cause de la longue durée des procédures administratives, le mur fut érigé longuement après mon départ.

Au bâtiment de la chancellerie se trouvait également le cabinet-avocat avec l’ancien Premier ministre du Canada, Pierre Trudeau. Comme remerciement pour un briefing sur la situation politique en Allemagne juste avant un voyage à Berlin, il nous faisait l’honneur de présider un dîner élargi à la résidence sur l’avenue de Ramezay (auquel il venait, en dépit de glace et neige, à pied !) et de venir à notre réception d’adieu au Mount Stephen Club. Son fils a évidemment hérité de son talent politique.

De nos 30 ans de service à l’étranger, nous avons passé 20 ans, soit cinq postes en Afrique, et en tout 10 ans à Beirut, Colombo et Montréal. Comme on peut reconnaître de l’esquisse ci-dessus, nous aimions Montréal, qui comme bijou rayonnant, s’est engravé dans le mémoire sur ma période active de service.

 

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