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Fritz von Rottenburg

Fritz von Rottenburg

Fritz von Rottenburg, © Auswärtiges Amt

17.04.2018 - Article

1994 – 1998 
[...] Peu après mon arrivée à Montréal, j’ai été témoin des aspirations croissantes concernant la souveraineté du Québec. Le NON au premier référendum en 1980 n’avait pas été accepté en tant que décision définitive. [...]

J’ai le souvenir de nombreux moments agréables, intéressants et intenses, dont deux tout à fait exceptionnels :

  1. Le premier est lié à la météo :

    En 1996 ou 1997, pendant près de huit heures d’affilée, une pluie verglaçante s’abattit sur Montréal et de grandes parties du sud du Québec; c’était une vraie catastrophe qui mit aussi en danger la vie de nombreuses personnes. Non seulement la circulation resta bloquée plusieurs jours à cause des routes gelées, des arbres renversés et des branches cassées, mais trois lignes électriques sur les quatre qui alimentent les quatre millions d’habitants de Montréal se retrouvèrent enfouies sous des masses de neige et de glace. À l’époque, un très grand nombre d’habitations, dont la nôtre, étaient chauffées à l’électricité. Comme la plupart des Montréalais, nous étions donc non seulement sans lumière, mais nous ne pouvions pas non plus cuisiner; tous les appareils électroménagers, de même que le chauffage, ne fonctionnaient plus, si bien qu’il a vite fait très froid chez nous, d’autant qu’on était en plein hiver. Heureusement, nous avions une cheminée, du bois et des bougies, ce qui nous a transportés 150 ans en arrière, avant l’invention de l’électricité. Il a fallu quatre jours pour dégager entièrement les routes. Quelques quartiers de la ville et des communes voisines sont restés sans électricité pendant des semaines. Les forêts de la région étaient dans un état désastreux. Pour tous ceux et celles qui l’ont vécue, cette expérience reste unique et terrifiante.

  2. Le deuxième est lié à un événement politique :

    Peu après mon arrivée à Montréal, j’ai été témoin des aspirations croissantes concernant la souveraineté du Québec. Le NON au premier référendum en 1980 n’avait pas été accepté en tant que décision définitive. Un deuxième référendum sur l’indépendance du Québec eut donc lieu le 30 octobre 1995 après une campagne électorale intense. J’avais prévu de me rendre aux soirées électorales des deux camps. Quand je suis arrivé en début de soirée chez les séparatistes, donc le camp du OUI, les premiers résultats partiels étaient en train d’être annoncés, avec une nette majorité du OUI. Grand enthousiasme ! En arrivant après chez les partisans du NON, l’atmosphère était certes tendue, mais pas désespérée, d’autant que le OUI perdait peu à peu du terrain. Tout d’un coup, le NON se retrouva en tête. Le camp du NON jubilait bien sûr. De retour à la soirée du OUI, un découragement absolu m’attendait. La victoire avait été si proche, mais la « bataille » avait été perdue pour la deuxième fois — avec un résultat serré, mais cependant incontestable. Le lendemain, le premier ministre Jacques Parizeau accusa les non-francophones d’être responsables de la défaite. Cependant, si tous les francophones avaient voté pour l’indépendance, le référendum aurait été gagné. Cette remarque fut fortement critiquée, de sorte qu’il dut démissionner. Son successeur Lucien Bouchard voulut poursuivre les efforts en faveur de l’indépendance du Québec, mais sans succès.

     

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